Portrait de Cimabue

Your Guide to the 52 Most Famous Cimabue Paintings

Mis à jour en octobre 2026 · classé selon notre score de popularité (recherches, visites et commandes pour chaque œuvre) · 52 œuvres de Cimabue dans notre catalogue

In short

Cimabue's best-known piece is La Madone et l'Enfant Trônant (Maestà) (1285). Next on the list are La Moquerie du Christ (1280) and Crucifix (1287). We have 52 works by Cimabue in our catalogue; this guide picks out the 52 best known, with the year, the museum and the story of each piece.

1240 – 1302, Florence Italo-byzantin Plus d'œuvres : Galerie des Offices

The 10 Cimabue paintings to know first

1
La Madone et l'Enfant Trônant (Maestà) (1285) de Cimabue

La Madone et l'Enfant Trônant (Maestà)

1285 · Acrylique

La « Madone en majesté » de Giovanni Cimabue, peinte vers 1285 à Florence, n'est pas seulement une représentation de la piété religieuse ; c'est un moment charnière de l'évolution artistique — un murmure de défi contre le formalisme rigide de l'art byzantin qui annonce l'arrivée glorieuse de la Renaissance.

2
La Moquerie du Christ (1280) de Cimabue

La Moquerie du Christ

1280 · Tempera sur panneau de bois · Musée du Louvre, Paris

L'air à l'intérieur du cadre semble pesant, chargé de la tension d'une foule qui presse vers l'intérieur. Au centre de ce petit monde de bois se tient Jésus, le corps drapé d'un manteau bleu profond sur une robe rouge. Il ne rend pas les coups. Ses bras pendent sans force et son expression demeure impassible, alors même que les silhouettes autour de lui déferlent avec agressivité. Un homme tend la…

3
Crucifix (1287) de Cimabue

Crucifix

1287 · Tempera sur panneau de bois · Musée de l'Œuvre de la Sainte-Croix, Florence

Un chef-d’œuvre de l’influence byzantine Le “Crucifixe” de Cimabue est une œuvre monumentale du tard XIIIe siècle, incarnant la transition de l'iconographie byzantine au réalisme pré-renaissance. Créé vers 1287, ce crucifix à grande échelle témoigne de l’approche innovante de Cimabue, combinant le symbolisme religieux traditionnel avec les techniques artistiques émergentes qui allaient ouvrir la voie aux futurs maîtres comme Giotto. Sujet et composition L'œuvre représente la crucifixion du Christ, un…

4
Saint François d'Assise (détail) de Cimabue

Saint François d'Assise (détail)

Acrylique sur toile

Le « Saint François d'Assise (détail) » de Cimabue n'est pas seulement la représentation d'une figure religieuse ; c'est une incarnation poignante de l'humanisme naissant qui allait bientôt définir la Renaissance italienne. Peinte vers 1285-1290, cette scène intime capture un instant de tendresse — l'étreinte entre Saint François et un jeune enfant, rayonnant d'une sérénité presque palpable. L'œuvre constitue un témoignage crucial du rôle de Cimabue dans la transition de…

5
La Madone en Majesté (détail) (1285) de Cimabue

La Madone en Majesté (détail)

1285 · Acrylique sur toile · Galerie des Offices, Florence

Un aperçu de la majesté divine : La *Madone en Majesté (détail)* de Cimabue Ce détail exquis de la *Madone en Majesté* de Cimabue, peint en 1285, offre une fenêtre captivante sur la transition entre la tradition byzantine et l'éveil de la Renaissance dans l'art italien. Mesurant 91 x 75 cm, ce fragment incarne la ferveur spirituelle et l'innovation artistique de son époque. Racines byzantines et émergence du réalisme Cimabue…

6
La Vierge dans la Majesté (détail) (1285) de Cimabue

La Vierge dans la Majesté (détail)

1285 · Tempera sur panneau de bois · Galerie des Offices, Florence

A Glimpse Into Divine Majesty: Cimabue’s *Madonna in Majesty* (Detail) Giovanni Cimabue, born Cenni di Pepo around 1240 in Florence, stands as a monumental figure—a bridge between the established artistic traditions of the Byzantine world and the burgeoning innovations that would define the Italian Renaissance. His life, though partially obscured by time and romanticized accounts — most notably those penned by Giorgio Vasari centuries later — marks an undeniable turning…

7
La Crucifixion (1272) de Cimabue

La Crucifixion

1272 · Acrylique sur toile

La Crucifixion de Cimabue : Une Épreuve Byzantine au Cœur de Florence Florence, XIIIe siècle – Un souffle nouveau souffle dans les ateliers florentins alors que Giovanni Cimabue façonne une œuvre qui transcende les murs de sa ville natale et ouvre les portes d’une esthétique révolutionnaire. Cette crucifixion, datée de 1272, n'est pas seulement un tableau ; elle est une déclaration artistique audacieuse, une tentative subtile de réinterpréter les traditions…

8
Le Crucifix (1268) de Cimabue

Le Crucifix

1268 · Tempera sur panneau de bois · San Domenico, Arezzo

Au cœur de l'histoire de l'art italien, Giovanni Cimabue s'impose comme une figure monumentale, un maître ayant su naviguer avec habileté entre les courants artistiques s'écoulant de la grandeur rigide de l'Empire byzantin vers les innovations bourgeonnantes du début de la Renaissance. Son Crucifix n'est pas seulement une icône religieuse ; c'est un témoignage profond d'une période de changements transformateurs. Peint avec une détermination inébranlable qui lui valut le surnom…

9
Le Christ Apocalyptique (détail) (1280) de Cimabue

Le Christ Apocalyptique (détail)

1280 · Fresque

Le *Christ Apocalyptique*, œuvre majeure de Giovanni Cimabue, est bien plus qu'un simple tableau. C'est une porte ouverte sur un tournant artistique et spirituel, un moment charnière entre la rigide tradition byzantine et les premiers balbutiements d’une Renaissance italienne en pleine effervescence. Ce détail exceptionnel, capturé avec une précision saisissante, nous offre un aperçu privilégié de cette transformation, concentrant l'attention sur trois anges majestueux, pris dans une ascension fulgurante qui…

10
L'Étrange Madeleine avec les Anges (1285) de Cimabue

L'Étrange Madeleine avec les Anges

1285 · Fresque

Dans le sanctuaire paisible de la Pieve di Santa Maria à Arezzo, un chef-d'œuvre respire sous le poids des siècles. La Madone en Majesté avec Anges de Giovanni Cimabue n'est pas seulement une fresque ; c'est un seuil profond entre deux mondes. Réalisée vers 1285, cette œuvre monumentale sert de pont lumineux entre l'élégance rigide et formelle de la tradition byzantine et l'humanisme naissant de la Proto-Renaissance italienne. Contempler cette…

Numbers 11 to 52: more Cimabue paintings

11La Vierge et l'Enfant en majesté entourés de six anges (1270) de CimabueLa Vierge et l'Enfant en majesté entourés de six anges1270 12Madonna Enthroned with the Child, St Francis and four Angels (detail) (1278) de CimabueMadonna Enthroned with the Child, St Francis and four Angels (detail)1278 13Crucifix (détail) (1268) de CimabueCrucifix (détail)1268 · San Domenico 14Cristo Enthroné entre la Vierge et Saint Jean (1301) de CimabueCristo Enthroné entre la Vierge et Saint Jean1301 · Museo dell'Opera del Duomo 15Madone en majesté avec l'Enfant et les Anges de CimabueMadone en majesté avec l'Enfant et les Anges 16La Maîtresse (1285) de CimabueLa Maîtresse1285 · Galerie des Offices 17La Madone en Majesté (détail) (1285) de CimabueLa Madone en Majesté (détail)1285 · Galerie des Offices 18Saint Luc (détail) (1280) de CimabueSaint Luc (détail)1280 19Vue des fresques dans le transept gauche (1280) de CimabueVue des fresques dans le transept gauche1280 20Saint Luc (détail) (1280) de CimabueSaint Luc (détail)1280 21Apocalyptique au Christ (détail) (1280) de CimabueApocalyptique au Christ (détail)1280 22Notre Dame sur le trône avec l'enfant et Saint François, Saint Dominique et deux anges de CimabueNotre Dame sur le trône avec l'enfant et Saint François, Saint Dominique et deux angesGalerie des Offices 23Crucifix (1280) de CimabueCrucifix1280 24Crucifix (détail) (1268) de CimabueCrucifix (détail)1268 · San Domenico 25Saint Matthieu (détail) (1280) de CimabueSaint Matthieu (détail)1280 26Saint Jean (détail) (1280) de CimabueSaint Jean (détail)1280 27Saint Matthieu (1280) de CimabueSaint Matthieu1280 28La Crucifixion (détail) (1268) de CimabueLa Crucifixion (détail)1268 · San Domenico 29Kristi gripande (détail) de CimabueKristi gripande (détail) 30La Flagellation du Christ (1280) de CimabueLa Flagellation du Christ1280 · The Frick Collection 31La Madone sur trône avec l'enfant et deux anges de CimabueLa Madone sur trône avec l'enfant et deux angesBasilique Sainte Marie des Serviteurs 32La Vierge et l'Enfant de CimabueLa Vierge et l'Enfant 33Notre Dame Assise avec l'Enfant et Saint François et Quatre Angéliques (1278) de CimabueNotre Dame Assise avec l'Enfant et Saint François et Quatre Angéliques1278 34La Vierge et l'enfant de CimabueLa Vierge et l'enfant 35La Vierge Enthronée avec les Anges (1290) de CimabueLa Vierge Enthronée avec les Anges1290 · Musée du Louvre 36Maestà di Santa Maria dei Servi (1280) de CimabueMaestà di Santa Maria dei Servi1280 37Saint François (1290) de CimabueSaint François1290 38Madone à l'Enfant (1284) de CimabueMadone à l'Enfant1284 39Vision of the Throne (1277) de CimabueVision of the Throne1277 40La Vierge en majesté avec l'Enfant et deux anges de CimabueLa Vierge en majesté avec l'Enfant et deux angesNational Gallery 41Le Miracle de Saint Pierre (1277) de CimabueLe Miracle de Saint Pierre1277 42Voûte des Évangélistes (1277) de CimabueVoûte des Évangélistes1277 43Dormition (1277) de CimabueDormition1277 44Pierre guérit un paralytique (1277) de CimabuePierre guérit un paralytique1277 45St Michael and the Dragon by Cimabue (1277) de CimabueSt Michael and the Dragon by Cimabue1277 46Fall of Simon Magus (1277) de CimabueFall of Simon Magus1277 47Vision of Saint John at Patmos (1277) de CimabueVision of Saint John at Patmos1277 48Christ at the Apocalypse (1277) de CimabueChrist at the Apocalypse1277 49Crucifixion of Peter (1283) de CimabueCrucifixion of Peter1283 50Vision d'anges aux quatre coins de la Terre (1277) de CimabueVision d'anges aux quatre coins de la Terre1277 51Martyrdom of Saint Paul (1283) de CimabueMartyrdom of Saint Paul1283 52Fragment of angels (1277) de CimabueFragment of angels1277

Cimabue's paintings, period by period

What Cimabue painted most

The four subjects that come up most often in these pieces, each with its best-known example.

Where you can see Cimabue's paintings

Les 8 musées qui détiennent la plupart des peintures de cette page.

Musée Ville Œuvres de Cimabue Peintures de cette liste
Galerie des Offices, FlorenceGalerie des Offices Florence 5 La Madone en Majesté (détail), La Vierge dans la Majesté (détail), La Maîtresse
San Domenico, ArezzoSan Domenico Arezzo 4 Le Crucifix, Crucifix (détail), Crucifix (détail)
Musée du Louvre, ParisMusée du Louvre Paris 2 La Moquerie du Christ, La Vierge Enthronée avec les Anges
Musée de l'Œuvre de la Sainte-Croix, FlorenceMusée de l'Œuvre de la Sainte-Croix Florence 1 Crucifix
Museo dell'Opera del Duomo, PiseMuseo dell'Opera del Duomo Pise 1 Cristo Enthroné entre la Vierge et Saint Jean
The Frick Collection, New York CityThe Frick Collection New York City 1 La Flagellation du Christ
Basilique Sainte Marie des Serviteurs, BologneBasilique Sainte Marie des Serviteurs Bologne 1 La Madone sur trône avec l'enfant et deux anges
National Gallery, LondresNational Gallery Londres 1 La Vierge en majesté avec l'Enfant et deux anges

Decade by decade: the best-known Cimabue piece of each

Œuvres par décennie

Pick a decade to see its standout piece.

Cimabue: quick answers about the paintings

What is Cimabue's best-known painting?See the answer

Top of the list is La Madone et l'Enfant Trônant (Maestà) (1285). Right behind it: La Moquerie du Christ (1280) and Crucifix (1287).

What age was Cimabue when creating La Madone et l'Enfant Trônant (Maestà)?See the answer

45 years old. Cimabue was born in 1240, and La Madone et l'Enfant Trônant (Maestà) dates from 1285.

What are Cimabue's top 10 paintings?See the answer

La Madone et l'Enfant Trônant (Maestà), La Moquerie du Christ, Crucifix, Saint François d'Assise (détail), La Madone en Majesté (détail), La Vierge dans la Majesté (détail), La Crucifixion, Le Crucifix, Le Christ Apocalyptique (détail) et L'Étrange Madeleine avec les Anges. You'll find the year and the museum of each in the list above.

How many works by Cimabue are in your catalogue?See the answer

We have 52 works by Cimabue in our catalogue, dated 1268 to 1301.

In which museums can you see Cimabue's famous works?See the answer

You'll find most of them in Galerie des Offices (Florence), San Domenico (Arezzo) et Musée du Louvre (Paris). The museum list above has the full breakdown.

When did Cimabue make the most famous pieces?See the answer

In 1280s, more than any other time: 22 of the 52 pieces on this page date from then, La Madone et l'Enfant Trônant (Maestà) among them.

What are Cimabue's first and last famous pieces?See the answer

The earliest piece here is Le Crucifix (1268); the most recent is Cristo Enthroné entre la Vierge et Saint Jean (1301).

Which subjects did Cimabue paint most often?See the answer

Religious iconography (12), Medieval art (11) et Vierge marie (9), out of the 52 pieces on this page.

Which medium shows up most in Cimabue's paintings?See the answer

Acrylique sur toile, used in 16 of the 52 pieces on this page.

What style or movement is Cimabue known for?See the answer

Italo-byzantin, as you can see in the pieces on this page.

Which famous Cimabue paintings are at the Galerie des Offices?See the answer

You can see 5 of the pieces on this page at the Galerie des Offices, Florence, including La Madone en Majesté (détail), La Vierge dans la Majesté (détail) et La Maîtresse.

Where can I order a Cimabue reproduction?See the answer

Yes. Every painting on this page is available as a hand-painted oil reproduction or a print, in the size that suits you. Just open the painting's page to order.

Cimabue's story

La Vie et l'Identité de Cimabue

Dans l'effervescence des rues de Florence, en Italie, un homme nommé Giovanni Cimabue commença son existence aux alentours de 1240. Connu de beaucoup sous les noms de Cenni di Pepo ou Cenni di Pepi, il était l'homme destiné à façonner le langage visuel de son époque. Peintre et concepteur de mosaïques, cet artisan maniait avec la même dextérité le pinceau délicat et la pierre immuable. On disait de son esprit qu'il était fort, voire rebelle, lui valant un surnom suggérant une détermination de taureau. Cette opiniâtreté n'était pas un défaut, mais plutôt la force motrice qui lui permit de contempler la rigidité des traditions du style byzantin pour chercher quelque chose de plus humain.

Son parcours fut celui d'un mouvement constant et d'une quête d'évolution perpétuelle. Si ses racines restèrent profondément ancrées dans la tradition florentine, son œuvre le porta à travers les paysages de la Toscane. Il ne se contentait pas de répliquer les icônes du passé ; il cherchait à insuffler un souffle de vie aux figures qu'il peignait. Cette ambition le conduisit à expérimenter la chute de la lumière sur un visage ou la manière dont un corps occupe l'espace. Il était un homme suspendu entre deux mondes, honorant la formalité spirituelle des coutumes anciennes tout en s'ouvrant à une nouvelle façon de percevoir le monde à travers un prisme plus naturel.

Les dernières années de sa vie l'éloignèrent de sa cité natale pour le mener vers le littoral. Il s'éteignit finalement à Pise en 1302. Bien que sa vie fût marquée par le labeur silencieux de l'atelier et l'envergure grandiose de la mosaïque, sa présence laissa une empreinte indélébile dans l'histoire de l'art italien. Il vécut une époque de changements profonds, agissant comme un pont pour ceux qui allaient marcher dans ses pas.

Jeunesse et formation artistique

Né à Florence, en Italie, vers 1240, le jeune homme qui allait devenir célèbre sous le nom de Cimabue entra dans un monde où les traditions de Byzance exerçaient encore une emprise ferme sur l'esprit de l'art. Enfant des rues florentines, il grandit dans un paysage où la solennité dorée et pesante de l'Orient rencontrait un désir nouveau et impétueux pour quelque chose de plus humain. Bien que les détails précis de son enfance demeurent voilés par le passage des siècles, ses premières années furent manifestement façonnées par la discipline rigoureuse des ateliers florentins. C'est là qu'il apprit à maîtriser le médium délicat de la tempera à l'œuf et l'art exigeant de la conception de mosaïques, des compétences qui allaient définir sa longue carrière de peintre et de mosaïste.

Sa formation ne consistait pas seulement à apprendre l'application des pigments sur le bois, mais constituait une immersion profonde dans le langage sacré de l'iconographie. Il absorba les manières dont la lumière était utilisée pour signifier le divin, souvent par l'application de feuilles d'or chatoyantes qui semblaient irradier du panneau lui-même. Pourtant, même durant ces années formatrices, une certaine force de caractère commença à poindre. On sentait qu'il ne se contentait pas de répliquer les figures symboliques et plates du passé. Au contraire, il commença à expérimenter la manière dont un corps pouvait occuper l'espace, cherchant à donner à ses figures un sens du poids et de la présence qui faisait défaut aux œuvres de ses prédécesseurs. Cette lutte précoce pour équilibrer la tradition religieuse établie avec un intérêt naissant pour le monde naturel allait devenir la caractéristique distinctive de sa main.

Technique artistique et évolution du style

Dans le silence laborieux de son atelier, Cimabue cherchait à insuffler une vie nouvelle aux figures sacrées de son époque. Il travaillait principalement à la tempera à l'œuf sur des panneaux de bois, un médium exigeant une main patiente et disciplinée. Pour atteindre l'éclat céleste requis par ses sujets religieux, il appliquait souvent ce pigment sur un fond de feuilles d'or chatoyantes. Dans d'autres cas, il utilisait la détrempe avec des feuilles d'or pour créer une sensation de lumière divine. Ses mains étaient tout aussi habiles pour la grandeur des fresques que pour les motifs complexes et éternels de la mosaïque, témoignant d'une polyvalence qui lui permettait de passer des murs d'une cathédrale à la dimension intime d'un panneau de dévotion.

À mesure que sa vision mûrissait, un changement subtil commença à poindre dans sa manière de traiter la forme humaine. Il s'éloigna des silhouettes plates et bidimensionnelles de la tradition byzantine, cherchant plutôt à capturer le poids et la présence de la chair réelle. Il y parvint grâce à un usage plus sophistiqué de l'ombrage pour suggérer le volume, permettant à un visage ou à un membre d'apparaître arrondi et tridimensionnel plutôt que simplement délimité par un contour. Cet intérêt croissant pour des proportions figuratives réalistes signifiait que ses saints et ses Madonnes possédaient une réalité physique qui semblait plus proche des fidèles qui s'agenouillaient devant eux. Il ne se contentait plus de simples symboles ; il voulait montrer le corps comme un réceptacle de poids et d'émotion véritable.

Commandes majeures et œuvres clés

Les premières années de sa carrière révèlent un homme déjà aux prises avec le poids de la tradition. Vers 1268, il produit un Crucifix, une œuvre qui sera plus tard étudiée pour sa méditation profonde sur la souffrance. Ce travail fut suivi par le Crucifix de San Domenico à Arezzo, datant d'environ 1270, où le corps du Christ semble ployer sous le poids de sa propre agonie. Durant cette même période, il peint la Vierge et l'Enfant en Majesté entourés de six anges, une œuvre de 1270 qui montre sa main travaillant selon les codes établis de l'époque. Déjà, dans ces premiers efforts, on peut pressentir un esprit cherchant à s'affranchir des figures plates et distantes du passé.

Au fil des décennies, son pinceau se fait plus audacieux. En 1278, il achève la Madone trônant avec l'Enfant, Saint François et quatre anges, une composition qui insuffle une présence nouvelle aux figures sacrées. Cette évolution se poursuit durant la décennie suivante. Vers 1280, il réalise la Maestà, aujourd'hui conservée au Louvre, ainsi que la Flagellation du Christ, une scène complexe qui suggère un intérêt croissant pour les relations spatiales. Homme de multiples talents, il travaillait également la mosaïque, laissant son empreinte sur les pierres mêmes du Baptistère de Florence.

Ses œuvres tardives témoignent d'une capacité raffinée à suggérer le volume et l'émotion humaine. Un détail de sa Madone en Majesté, peinte en 1285, révèle un usage subtil de l'ombrage qui laisse entrevoir la réalité physique de la Vierge. Même dans des pièces plus petites et intimes comme la Moquerie du Christ du XIIIe siècle, sa capacité à capturer l'essence de l'expérience humaine demeure évidente. Sa production fut vaste, s'étendant des grands retables aux petits panneaux de dévotion.

  • La Moquerie du Christ (XIIIe siècle)

Le Maître et son célèbre disciple

L'héritage de Cimabue a perduré à travers les mains de ceux qui travaillèrent à ses côtés dans les ateliers florentins. Parmi ses disciples les plus illustres figurait Giotto di Bondone, qui reçut une formation cruciale sous la guidance de Cimabue. Leur relation était marquée par une dynamique qui repoussait les limites de ce qu'un peintre pouvait accomplir. On raconte que, durant son apprentissage, le jeune Giotto peignit un jour, pour plaisanter, une mouche sur un portrait sur lequel Cimabue travaillait, une petite espièglerie qui révélait un esprit aussi vif que celui du maître lui-même. Si Giotto allait finalement évoluer vers un naturalisme plus radical, ses fondations furent bâties sur les leçons tirées de l'approche évolutive de Cimabue envers la forme et l'expression.

Au-delà de ce lien célèbre, l'influence de Cimabue atteignit d'autres mains talentueuses évoluant dans son orbite artistique. L'une de ces figures est l'artiste connu sous le nom de Maître de Varlungo, identifié comme l'un des principaux élèves de Cimabue. Ce peintre œuvra durant la même période de transformation, absorbant les mutations stylistiques que Cimabue avait aidé à initier. À travers ces étudiants, la transition des traditions byzantines rigides vers un style plus humaniste fut portée vers l'avant, garantissant que les innovations du maître se propagent à travers les générations de peintres italiens.

Où admirer ses chefs-d'œuvre aujourd'hui

Suivre la trace de son pinceau, c'est entreprendre un voyage à travers les grandes cités d'Europe et bien au-delà. À Paris, le Musée du Louvre abrite la Maestà, une œuvre qui ornait autrefois l'église San Francesco à Pise. Le musée a également accueilli récemment La Moquerie du Christ, acquise en 2023. Ces œuvres nous permettent de contempler la manière dont son talent a traversé les couloirs de telles institutions prestigieuses, jetant un pont entre les espaces sacrés du passé et les galeries publiques du présent.

L'esprit de son œuvre demeure profondément enraciné dans le paysage italien. À Florence, la Galleria degli Uffizi préserve un détail de la Madone en Majesté, offrant un regard rapproché sur l'évolution de sa main. À proximité, le Museo dell'Opera del Duomo à Pise conserve un détail du Christ en Majesté entre la Vierge et Saint Jean l'Évangéliste. Si l'on voyage jusqu'à Assise, on peut encore trouver la Madone à l'Enfant en Majesté, entourée de quatre anges et de Saint François, tandis que la Basilique San Domenico à Arezzo abrite le Crucifix qui témoigne de sa rupture avec les traditions anciennes.

Son influence s'est étendue par-delà les mers, trouvant refuge dans des collections bien loin de ses origines florentines. La Frick Collection à New York préserve La Flagellation du Christ, et la National Gallery de Londres détient un détail du Crucifix. Ces trésors dispersés nous rappellent les multiples mains qui, à travers les siècles, ont veillé sur son héritage.

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