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CONSEIL EN ART GRATUIT

Marianna Carlevaris

1703 - 1750

Informations clés

  • Copyright status: Public domain
  • Top-ranked work: Portrait of Gerolamo Maria Balbi
  • Born: 1703, Venise, Italie
  • Nationality: Italie
  • Also known as: Marianna Carlevarijs
  • Lifespan: 47 years
  • Plus…
  • Topics explored: portraits
  • Died: 1750
  • Works on APS: 4
  • Art period: Époque moderne précoce
  • Top 3 works:
    • Portrait of Gerolamo Maria Balbi
    • Portrait of Marco Balbi
    • Portrait of Caterina Balbi

Quiz d'art

Chaque question ne comporte qu'une seule bonne réponse.

Question 1:
Dans quelle ville Marianna Carlevaris est-elle née ?
Question 2:
Quel type d'œuvre Marianna Carlevaris était-elle principalement connue pour peindre ?
Question 3:
Qui était le père de Marianna Carlevaris ?
Question 4:
Quel artiste a influencé de manière significative le style et la technique de Marianna Carlevaris ?
Question 5:
Au cours de quelle période Marianna Carlevaris a-t-elle principalement produit ses œuvres ?

Une pasteliste vénitienne redécouverte : la vie et l'art de Marianna Carlevaris

Marianna Carlevaris, née à Venise le 25 novembre 1703, est issue d'une famille profondément ancrée dans les traditions artistiques de la cité. Son père, Luca Carlevarijs, était un peintre célèbre, renommé pour ses captivantes vedute — ces vues détaillées des paysages et de l'architecture vénitienne. Dès son plus jeune âge, Marianna a imprégné l'atmosphère de l'atelier paternel, l'assistant dans son travail jusqu'au décès de ce dernier en 1730. Cette période formative lui a transmis non seulement des compétences techniques, mais aussi un regard aiguisé pour le détail et un amour profond pour la capture du caractère unique de Venise. Cependant, c'est à travers son apprentissage auprès de Rosalba Carriera, l'une des plus illustres artistes pastelistes du XVIIIe siècle, que Marianna a véritablement trouvé sa propre voix artistique. L'influence de Carriera s'est révélée déterminante, façonnant le style et les sujets de Marianna, la menant à se spécialiser dans un portrait élégant exécuté avec la délicatesse du pastel.

Le cercle rococo et le mécénat

Marianna Carlevaris a épanoui durant l'apogée de la période Rococo, une époque caractérisée par la légèreté, la grâce et l'importance accordée à la vie aristocratique. Bien qu'elle ait habilement adopté les techniques de Rosalba Carriera, son œuvre possède une qualité distincte — une subtile rondeur dans le regard de ses sujets qui la singularise. Cette nuance stylistique, bien qu'ayant initialement conduit à des erreurs d'attribution, sert désormais d'identifiant clé pour reconnaître les œuvres authentiques de Marianna. Sa carrière fut considérablement soutenue par le mécénat de la famille Zenobio, une illustre maison aristocratique vénit'tienne. Leur appui lui a permis de se consacrer à la création de portraits, principalement entre les années 1730 et 1750, représentant les membres de l'élite vénitienne, souvent sous forme de compositions en paires qui ornaient probablement les murs de leurs palais. Ces commandes n'étaient pas de simples entreprises artistiques ; elles étaient de véritables affirmations de statut social et de goût raffiné. En 1748, Marianna épousa Antonio Tamagno, un avocat, marquant une période de stabilité personnelle parallèlement à sa reconnaissance professionnelle croissante.

Un réseau de femmes artistes

Marianna Carlevaris n'était pas une figure isolée dans le monde de l'art vénitien ; elle évoluait au sein d'un réseau vibrant de femmes artistes encouragé par Rosalba Carriera. Ce cercle comprenait Felicita et Angioletta Sartori, ainsi que Catherine Read, créant un environnement solidaire où les femmes pouvaient poursuivre leurs ambitions artistiques. La présence de ces consœurs suggère un échange collaboratif d'idées et de techniques, contribuant au caractère unique de l'art vénitien de cette période. Alors que les archives historiques négligent souvent les contributions des femmes artistes, le lien entre Marianna, Carriera et ses contemporaines met en lumière une communauté florissante qui défiait les normes sociétales et ouvrait la voie aux générations futures de femmes dans les arts.

Redécouvrir un héritage : œuvres et réattribution

Le corpus d'œuvres survivantes de Marianna Carlevaris est relativement restreint, consistant principalement en des portraits au pastel sur papier, dont les dimensions varient généralement de 40x33 cm à 60x48 cm. Ses pièces les plus célèbres incluent le Portrait de Gerolamo Maria Balbi et Cornelia Foscolo Balbi, tous deux conservés au Musée Ca’ Rezzonico à Venise. Ces portraits illustrent sa maîtrise du pastel, capturant non seulement la ressemblance de ses sujets, mais aussi leur rang social et leur caractère intérieur. Pendant des années, nombre de ses œuvres furent attribuées à tort à Rosalba Carriera en raison de similitudes stylistiques. Cependant, les recherches récentes se sont concentrées sur la réattribution de ces peintures à Marianna, reconnaissant sa voix artistique unique et ses contributions. Un duo signé et daté de 1750 représentant Claudio Giupponi et Antonia Girardi, vendu récemment aux enchères, a davantage consolidé la reconnaissance croissante de son œuvre.

Importance historique

L'importance de Marianna Carlevaris réside non seulement dans la beauté et la maîtrise technique de ses portraits, mais aussi dans son rôle d'artiste femme naviguant dans les complexités de la Venise du XVIIIe siècle. Son travail reflète l'évolution de la position des femmes au sein de la société vénitienne et leur participation croissante aux activités artistiques. Bien que sa production puisse paraître limitée, ses contributions témoignent du talent et du dévouement des femmes artistes durant la première période Rococo. La redécouverte et la réattribution de ses peintures sont des étapes cruciales pour réclamer un héritage oublié et enrichir notre compréhension de l'histoire de l'art vénitien. Ses représentations élégantes de la "société de Floride" — terme utilisé pour désigner l'élite fortunée de Venise — offrent un aperçu d'un monde de raffinement, de statut social et de mécénat artistique, nous rappelant le pouvoir du portrait pour capturer non seulement les apparences, mais aussi l'esprit d'une époque.