La discipline tranquille d'Emil Schmid
Né à St. Pölten, en Autriche, Emil Schmid a mené une existence façonnée par un double engagement envers l'éducation et les arts visuels. Ses premières années furent marquées par une transition brutale de la salle de classe aux complexités de la guerre, lorsqu'il servit comme météorologue pour la Luftwaffe allemande. Cette période de service, qui inclut des déploiements dans divers aérodromes de l'Union soviétique, fut interrompue par l'expérience éprouvante de la captivité. Après s'être évadé d'un camp de prisonniers de guerre soviétique en 1945, il retrouva une vie de quête créative, s'installant finalement à Vienne avec sa famille pour exercer le métier d'artiste indépendant.
Son développement artistique ne fut pas un jaillissement soudain, mais une évolution constante et disciplinée. Il est passé de l'enseignement de matières scolaires comme les mathématiques à la formalisation de son art par l'étude intensive. Ses fondations techniques furent bâties par des cours particuliers, puis par une formation académique rigoureuse à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne. Cette période d'étude, s'étendant de 1952 à 1957, lui permit de raffiner un style qui deviendrait sa signature emblématique de l'après-guerre.
Une quête de la forme et de l'immobilité
Schmid trouva son expression la plus profonde dans la quiétude de la peinture de nature morte et la précision des arts graphiques. Son œuvre cherchait souvent à instaurer un ordre au sein de l'agencement des objets, une quête qui faisait écho à ses racines mathématiques. Si ses premiers intérêts portaient sur le portrait et le paysage, c'est la composition d'objets du quotidien qui a forgé sa réputation professionnelle durant la période du milieu du siècle. Sa carrière fut jalonnée de moments marquants, notamment :
- Sa participation à l'exposition « Junge Kunst in Wien » au Künstlerhaus Wien en 1948.
- L'obtention de la Goldene Fügermedaille en 1954.
- L'attribution du Meisterschulpreis en 1955 et 1956.
- Une exposition personnelle à la Blau-Gelbe Galerie en 1986.
- Une exposition personnelle au Musée historique de la ville de Vienne en 1992.
Malgré ses succès, sa capacité à créer fut finalement mise à l'épreuve par des limites physiques. De graves affections oculaires, plus précisément une thrombose, l'ont contraint à restreindre sa production créative pendant de nombreuses années. Il a continué à naviguer entre sa vocation d'éducateur et son identité de peintre, enseignant le dessin d'après nature et concevant des motifs, alors même que sa propre vision devenait une source d'inquiétude.
Les dernières années et la reconnaissance
Les dernières années de la vie de Schmid furent marquées par un retour sur le devant de la scène à travers diverses expositions à St. Pölten et à Vienne. Ses contributions à la scène de l'art autrichien furent reconnues non seulement par ses pairs, mais aussi par l'État ; en 1993, il reçut le titre de professeur de la part du Président fédéral. Cet honneur survint après une longue carrière passée à équilibrer les rôles de pédagogue et de créateur. Il s'est éteint à Kirchstetten en 1994, peu de temps après avoir subi une opération oculaire réussie qui lui promettait un retour à sa pratique de toujours.