Menu
CONSEIL EN ART OFFERT

Ala Younis

L'essentiel

  • Copyright status: Under copyright
  • Nationality: Jordanie
  • Top 3 works: Plan for Greater Baghdad
  • Museums on APS: la Biennale di Venezia
  • Born: 1974, Amman, Jordanie
  • Afficher plus…

Quiz d'art

Chaque question ne comporte qu'une seule bonne réponse.

Question 1:
Où Ala Younis est-elle actuellement basée ?
Question 2:
La pratique artistique d'Ala Younis est principalement décrite comme :
Question 3:
Avec quel type de matériaux Ala Younis travaille-t-elle souvent ?
Question 4:
Quelle initiative d'édition indépendante Ala Younis a-t-elle cofondée ?
Question 5:
À quel poste Ala Younis a-t-elle été nommée en 2023 ?

Jeunesse et formation à Amman

Ala Younis a émergé en tant qu'artiste au sein du paysage vibrant, bien que souvent chargé politiquement, d'Amman, en Jordanie, où elle est née en 1974. Ses années de formation ont été profondément marquées par l'histoire complexe de la ville — une confluence de civilisations anciennes, de construction nationale moderne et de mutations géopolitiques incessantes. Cet environnement a instillé en elle une sensibilité profonde à la mémoire collective, aux récits personnels et à la relation souvent fragile entre le passé et le présent. Younis a d'abord étudié l'architecture à l'Université de Jordanie, une décision qui s'est avérée déterminante pour façonner sa méthodologie artistique. La rigueur de cette formation en analyse spatiale, en contexte historique et en construction matérielle lui a dotée d'une boîte à outils unique pour explorer l'environnement bâti comme un réceptacle d'histoires et de dynamiques de pouvoir. Cependant, elle s'est rapidement sentie attirée par les possibilités plus vastes des arts visuels, reconnaissant leur capacité à dialoguer avec l'histoire et la culture de manière plus nuancée et subjective. Cela l'a conduite à poursuivre un MRes en Cultures Visuelles au Goldsmiths College, à Londres, élargissant ainsi son cadre théorique et ses horizons artistiques.

L'archive comme lieu de réinterprétation

La pratique de Younis est fondamentalement ancrée dans la recherche — une excavation méticuleuse des archives, tant formelles qu'informelles. Elle n'aborde pas l'archive comme un simple dépôt neutre de faits, mais plutôt comme un espace contesté où les récits sont construits, supprimés et réimaginés. Son travail commence souvent par des matériaux trouvés : photographies, documents, cartes, objets — fragments d'expériences collectives qui ont été négligés ou marginalisés. Plan for Greater Baghdad, un motif récurrent dans son œuvre, illustre parfaitement cette approche. Les plans architecturaux originaux, conçus au milieu du XXe siècle comme des visions ambitieuses pour le développement urbain, deviennent de puissants symboles d'aspirations politiques, d'utopies déchues et de l'impact durable de la modernisation sur la société irakienne. À travers la ré-présentation — impliquant souvent des installations à grande échelle, des fresques ou des œuvres textiles — Younis perturbe le contexte originel de ces matériaux, invitant les spectateurs à questionner leur autorité et à envisager des interprétations alternatives.

Récits collectifs et histoires personnelles

Une caractéristique déterminante du travail de Younis est sa capacité à tisser ensemble des récits collectifs et des expériences profondément personnelles. Elle entreprend des « voyages » au cœur des archives, non pas simplement en tant que chercheuse, mais comme une exploratrice cherchant activement les liens entre événements historiques et vies individuelles. Cette démarche implique souvent la collecte d'histoversions orales, en interviewant des individus dont les récits ont été réduits au silence ou ignorés par les comptes officiels. Sa pratique résiste à l'idée d'un récit unique et faisant autorité, privilégiant plutôt la multiplicité, l'ambiguïté et la nature subjective de la mémoire. Battles in a Future Estate, par exemple, explore le tissu urbain de la rue Haifa à Bagdad à travers une série d'investigations superposées — plans architecturaux, photographies personnelles, témoignages oraux — créant un portrait complexe d'une ville façonnée par le conflit, le déplacement et la résilience.

Élargir les frontières artistiques : commissariat, édition et collaboration

L'influence de Younis s'étend au-delà de sa pratique artistique individuelle pour englober des projets de commissariat et des initiatives d'édition indépendante. En 2012, elle a cofondé Kayfa ta, une initiative dédiée à la recherche et à la publication sur les pratiques indépendantes dans le monde arabe. Cette plateforme offre un espace aux artistes, écrivains et chercheurs pour partager leur travail, favorisant le dialogue et la collaboration par-delà les frontières géographiques. Ses efforts de commissariat — incluant le premier pavillon du Koweït à la Biennale de Venise en 2013 — témoignent de son engagement à mettre en lumière des voix artistiques émergentes et à défier les notions conventionnelles de représentation. Plus récemment, elle a occupé le poste de co-responsable du Forum Expanded de la Berlinale (2021-2024) et de directrice artistique de l'Académie des Arts du Monde à Cologne (2lar 2023-2025), consolidant ainsi sa position de figure de proue de l'art contemporain.

Importance historique et recherche continue

L'œuvre d'Ala Younis occupe une place significative dans le contexte plus large de l'art moyen-oriental contemporain, particulièrement dans son engagement envers l'histoire postcoloniale, la mémoire et l'identité. Sa pratique basée sur la recherche défie les frontières artistiques traditionnelles, brouillant les lignes entre art, érudition et activisme. Elle a exposé à l'échelle internationale, notamment dans de grandes biennales à Venise, Istanbul, Gwangju, Ljubljana, Kaunas, Oural, Orléans, Sharjah et lors de la Biennale des Arts Islamiques à Djeddah. Ses travaux actuels, comme en témoigne son exposition à venir Past of a Temporal Universe à l'Université NYU Abu Dhabi (2025), continuent d'explorer ces thèmes avec une urgence renouvelée, plongeant dans les complexités du développement urbain, des conflits politiques et de la puissance durable de la mémoire collective. Sa nomination en tant que directrice artistique de l'Akademie der Kunst der Welt (Cologne) et chercheuse à l'al Mawrid Arab Center for the Study of Art à l'Université New York Abu Dhabi souligne son influence croissante dans les cercles académiques et artistiques, promettant de nouvelles contributions à notre compréhension du rôle de l'art dans le façonnement des récits historiques et la promotion du dialogue transculturel.