Artiste
Né(e) à Bergen, Norvège
Jeunesse, Famille et Formation
Henrik Lund naît à Bergen, en Norvège, le 8 septembre 1879, au sein d'une famille où s'entremêlent la discipline militaire et la rigueur artistique. Son père, le lieutenant-colonel Henrik Louis Bull Lund, occupait un haut rang dans l'armée, tandis que sa mère, Birgitte Theodora Carlsen, était pianiste et compositrice. Cet environnement domestel, imprégné de formation classique, fut également partagé avec sa sœur, la compositrice Signe Lund. Si ses premières années furent largement passées en mer, c'est après son installation à Kristiania qu'un chemin vers les arts visuels se dessina pour lui. Il fut alors influencé par l'étudiant Per Deberitz, dont le lien avec Hans Gude détourna sa trajectoire d'une potentielle carrière navale pour l'orienter vers la vie de peintre et de graveur.
Son instruction formelle fut aussi directe que rigoureuse. En 1899, Lund devint l'élève de Harriet Backer, une période qui coïncida avec ses débuts professionnels. Loin de se reposer sur l'influence d'un seul mentor, il poursuivit son développement technique jusqu'en 1903, lorsqu'il étudia auprès de Johan Nordhagen. Ces années d'apprentissage constituèrent le socle d'une carrière qui allait, par la suite, s'étendre bien au-delà des frontières de la Norvège. Sa formation ne portait pas uniquement sur la maîtrise technique, mais visait à établir une présence affirmée sur la scène artistique européenne, alors extrêmement compétitive.
Vie et activité à travers les métropoles
La carrière de Lund se caractérise par une constante oscillation entre les grands foyers culturels de l'Europe du Nord. Entre 1904 et 1909, il s'impose à Copenhague, une période charnière qui marque véritablement son ascension professionnelle. Cette effervescence créative ne se limite pas à la Scandinavie ; il étend son influence jusqu'à Berlin, où il expose ses œuvres en 1908. Sa présence sur la scène de l'art allemand s'est d'ailleurs consolidée par sa participation à « Les Six », une exposition mémorable organisée à la fois à Berlin et à Copenhague en 1911.
Paris, quant à elle, a agi comme un ancrage récurrent pour son épanouissement artistique. Après un premier séjour dans la capitale française en 1905, il y revient pour une seconde étape de 1920 à 1921. Ces errances internationales ont offert le frottement nécessaire à l'esprit du peintre et graveur qui cherchait à transcender ses racines norvégiennes. Sa capacité à naviguer avec aisance dans ces divers environnements urbains lui a permis de maintenir une trajectoire professionnelle d'une grande cohérence sur plusieurs décennies.
Œuvres Clés et Production Artistique
L'œuvre de Henrik Lund témoigne d'une maîtrise constante du portrait et des scènes d'observation. Ses premières créations, telles que Breakfast in the Garden (1906) et Sommer (vers 1909), révèlent un intérêt marqué pour la lumière et l'harmonie des cadres domestiques ou naturels. Ces pièces ont affirmé sa présence artistique bien avant qu'il ne s'engage dans des représentations plus formelles de personnalités de haut rang. Dès 1911, sa capacité à capturer l'essence d'individus singuliers s'est illustrée avec éclat dans le portrait de Marie Bull.
Les dernières années de l'artiste témoignent d'un intérêt soutenu pour les figures sociales et politiques de son époque. Son travail oscille avec élégance entre l'intimité du portrait et l'envergure de compositions plus vastes. Son œuvre de 1921, Portrait of the French President Alexandre Millerand, souligne son aptitude à traiter des sujets politiques de premier plan. Cette période est également celle où il documente son cercle immédiat, immortalisant des figures telles que Kunstnerens hustru Gunbjør, f. Olsen (1920) et Birgit Heiberg, f. Blehr (1914).
Henrik Lund s'est également imprégné du paysage intellectuel de la Norvège à travers ses représentations de personnages éminents. Sa peinture de 1926, Christian Sinding, Gunnar Heiberg og Knut Hamsun, le place au cœur même des débats culturels de son temps. Son travail graphique, incluant des estampes telles que Mannsportrett et Kvinneportrett (1928), démontre par ailleurs toute l'étendue technique de sa pratique artistique.
Marie Bull (1911)
Oktoberdag på Skåtøy (1920)
Christian Sinding, Gunnar Heiberg og Knut Hamsun (1926)
Portrait of the French President Alexandre Millerand (1921)
Où admirer ses œuvres aujourd'hui
La présence de Lund au sein des collections institutionnelles norvégiennes demeure fondamentale. La Galerie Nationale de Norvège, à Oslo, conserve treize de ses tableaux, veillant ainsi à ce que son langage visuel soit préservé au cœur du principal sanctuaire artistique du pays. Son œuvre ne se limite pas aux seuls murs des musées ; elle habite des lieux d'une importance civique et culturelle majeure, s'invitant tant dans les enceintes du Parlement norvégien que sur les scènes prestigieuses du Théâtre National.
Pour ceux qui souhaitent découvrir son héritage dans sa ville natale, le Bergen Kunstmuseum intègre ses créations à sa collection permanente. Ces œuvres constituent un lien direct et tangible avec ses racines à Bergen. Son legs artistique demeure ainsi ancré dans ces lieux emblématiques, voyageant des couloirs du pouvoir jusqu'aux planches publiques du Théâtre National.
Musée
Exposé à Oslo, Norvège
Origines et histoire de l'institution
Le National Museum of Art, Architecture and Design abrite la collection publique de l'État norvégien, un trésor regroupant des objets d'art, d'architecture et de design. Située à Oslo, en Norvège, cette institution est propriété de l'État et placée sous la tutelle du ministère norvégien de la Culture. Sa configuration actuelle est née en 2003 de la fusion de plusieurs entités distinctes, unissant ainsi le Musée d'architecture, le Musée des arts industriels, le Musée des arts décoratifs et du design, le Musée d'Art contemporain, ainsi que la Galerie nationale de Norvège.
Les racines de cette institution consolidée remontent à 1842, date à laquelle la Galerie nationale fut établie en tant que Musée central des arts visuels de l'État norvégien. Pendant plus d'un siècle et demi, cette institution a servi de sanctuaire principal à l'expression artistique de la Norvège. La fusion de 2003 a permis de réunir ces diverses collections spécialisées sous une seule bannière administrative, faisant du National Museum of Art, Architecture and Design une entité unifiée dédiée à la préservation et à la mise en lumière de la culture visuelle de la nation.
Le nouveau bâtiment du musée et son architecture
L'empreinte actuelle du musée à Oslo se déploie sur plusieurs sites, notamment le National Museum – Architecture et la Villa Stenersen. Cette répartition géographique précédait la consolidation des différents départements de l'institution en un lieu unique. La décision de créer un espace unifié a été dictée par la nécessité de disposer d'installations plus vastes, capables d'accueillir des collections d'art, d'architecture et de design en constante expansion.
Le nouveau bâtiment a ouvert ses portes à Vestbanehallen en 2022. Ce site a été choisi à Vestbanen, sur l'emplacement de l'ancienne gare d'Oslo West, près d'Aker Brygge. La direction architecturale du projet, initialement connu sous le nom de Forum Artis, a été définie à l'issue d'un concours international remporté par le cabinet Kleihues + Schuwerk. La structure qui en résulte intègre les exigences diverses des institutions fusionnées dans un environnement physique cohérent, au cœur même d'Oslo.
La diversité des collections d'art et de design
Le musée détient une collection impressionnante de plus de 400 000 œuvres, présentées à travers des expositions permanentes et diverses installations temporaires. Ce patrimoine englobe l'art, l'architecture et le design, tant norvégiens qu'internationaux. Parmi les pièces les plus emblématiques figure la première épreuve de Le Cri d'Edvard Munch datant de 1893. La collection traverse plusieurs courants majeurs, allant du Baroque et du Siècle d'or néerlandais jusqu'à l' Expressionnisme, l' Impressionnisme et le Symbolisme néoromantique.
La collection d'architecture est particulièrement vaste, comprenant plus de 300 000 pièces. Ces œuvres, qui s'étendent des années 1830 à nos jours, permettent d'étudier l'évolution du design et de la forme structurelle sur près de deux siècles. Le musée veille sur ces objets afin d'offrir un témoignage exhaustif du développement artistique, tant à l'échelle locale que mondiale.