Artiste
Né(e) à Ústí nad Labem, République tchèque
Anton Raphael Mengs : Pionnier de la peinture néoclassique
Né: 22 mars 1728, Ústí nad Labem (Aussig), Bohême (aujourd'hui République tchèque)
Décédé: 29 juin 1779, Rome, Italie
Anton Raphael Mengs était un peintre germano-bohème qui a considérablement influencé la transition de la peinture rococo à la peinture néoclassique. Actif principalement à Rome, Madrid et en Saxe, son œuvre incarne un mélange de grandeur baroque avec des idéaux classiques émergents, ce qui en fait une figure cruciale dans l'art du XVIIIe siècle.
Jeunesse et Formation : L’Ombre d’Ismael Mengs
Le parcours artistique de Mengs a commencé sous la tutelle de son père, Ismael Mengs, un peintre danois qui s'était installé à Dresde. Ismael reconnut tôt le talent de son fils et l'emmena à Rome en 1741. Cette expérience formatrice impliqua la copie d’œuvres de Raphaël pour l'Électeur de Saxe, façonnant profondément les sensibilités esthétiques d'Anton Raphael. L'exposition à la maîtrise de Raphaël lui a insufflé une profonde appréciation des formes et compositions classiques, qui deviendront les marques de son propre style.
Carrière Artistique : Fresques, Portraits et Idéaux Classiques
La carrière de Mengs s’est épanouie à travers plusieurs cours européens. En 1749, il fut nommé premier peintre auprès de Frédéric Auguste, Électeur de Saxe, un poste qui lui a procuré un considérable patronage tout en lui permettant de maintenir sa base romaine. Son œuvre la plus célèbre est sans doute la fresque du Parnasse à Villa Albani à Rome, qui a suscité une large reconnaissance et a consolidé sa réputation d'artiste de premier plan. D’autres commandes importantes comprenaient une superbe fresque sur le dôme de l'église Sant'Eusebio à Rome, démontrant ses compétences en décoration monumentale, et le plafond de la salle de banquet du Palais Royal de Madrid, considéré comme l'une de ses réalisations les plus abouties.
Œuvres Notables : Parnasse (Villa Albani), fresques à Sant’Eusebio, plafond de la Salle de Banquet (Palais Royal, Madrid), Johann Joachim Winckelmann (1717–1768)
Bien qu'influencé par la tradition baroque romaine, Mengs a de plus en plus embrassé les idéaux de l’Antiquité classique. Ce changement a été considérablement stimulé par sa collaboration étroite avec Johann Joachim Winckelmann, un éminent historien de l'art et théoricien qui a défendu le renouveau des esthétiques grecques et romaines. Ensemble, ils ont plaidé pour un retour à la simplicité, à la clarté et aux formes idéalisées dans l’art, jetant les bases du mouvement néoclassique.
Aspects Clés & Rivalités
Conversion et Rôle au Vatican : Mengs se convertit au catholicisme en 1754 et devint par la suite directeur de l'École de peinture du Vatican, consolidant ainsi sa position au sein de l’élite artistique.
L’École d’Athènes : Il peignit "L'École d'Athènes" pour le duc de Northumberland (aujourd'hui au Victoria and Albert Museum), une œuvre importante démontrant sa maîtrise des thèmes et compositions classiques.
Collaboration avec Winckelmann : Son partenariat avec Winckelmann a été déterminant dans la formation des principes artistiques néoclassiques.
Rivalité & Amitié : Mengs a connu à la fois des rivalités (en particulier avec Pompeo Batoni) et des amitiés (avec Giacomo Casanova), reflétant les dynamiques complexes de la scène artistique romaine à son époque.
Héritage et Importance Historique
Anton Raphael Mengs est décédé à Rome en 1779, laissant derrière lui un corpus important d'œuvres qui comblaient le fossé entre les styles baroque et néoclassiques. Son insistance sur les idéaux classiques, combinée à ses compétences techniques, a fait de lui une figure essentielle dans le développement du néoclassicisme. Il est rappelé non seulement pour ses impressionnantes fresques et portraits, mais aussi pour ses contributions intellectuelles à la théorie de l'art grâce à sa collaboration avec Winckelmann. Son influence peut être observée chez les générations d’artistes suivantes qui ont embrassé la clarté, l’ordre et les formes idéalisées qui caractérisaient la peinture néoclassique.
Musée
Exposé à Oxford, Royaume-Uni
Origines et Histoire du Musée
L'histoire de The Ashmolean Museum of Art and Archaeology prend racine dans la collection personnelle d'Elias Ashmole, un antiquaire visionnaire qui fit don de ses trésors à l'Université en 1677. Ce geste de générosité magistral posa les fondations de ce qui allait devenir le tout premier musée public de Grande-Bretagne. Entre 1678 et 1683, le premier édifice fut érigé pour abriter ces curiosités fascinantes, allant de pièces romaines antiques à de mystérieuses momies égyptiennes. Le musée ouvrit officiellement ses portes au public le 21 mai 1683.
En tant que deuxième musée universitaire au monde, après le Kunstmuseum de Bâle, l'institution a su évoluer, passant d'un cabinet de curiosités privé à un centre de recherche d'une importance capitale. Les premières collections formaient un assemblage hétéroclite d'armures médiévales et d'artefacts antiques, des objets rassemblés pour satisfaire une curiosité insatiable envers l'histoire du monde. Depuis sa création, la présence du musée à Oxford est restée immuable, jetant un pont entre l'étude du passé et la préservation de l'expression humaine.
Le Bâtiment et son Architecture
La présence physique du musée reflète un dialogue entre des époques distinctes. La structure originale, achevée entre 1841 et 1845 sous la direction de Charles Cockerell, incarne les sensibilités architecturales de l'ère victorienne. Sa grandiose façade néoclassique, définie par des colonnes imposantes et des proportions symétriques, instaure un sentiment de tradition érudite. Cette solidité offre un socle aux ajouts plus récents qui ont remodelé le site.
Une extension contemporaine, conçue par Rick Mather Architects, introduit une sensation de légèreté et de transparence. Cette intervention moderne s'intègre au tissu historique, créant un mélange harmonieux entre la grandeur victorienne et l'innovation moderne. La juxtaposition de la pierre ancienne et du design contemporain crée une atmosphère de curiosité intellectuelle. Au sein du complexe, la Taylor Institution est abritée dans l'une des ailes du bâtiment, ajoutant de nouvelles strates à cette composition architecturale.
Les collections égyptiennes et du Proche-Orient
La collection égyptienne dégage une présence profonde, centrée sur des sarcophages ornés d'hiéroglyphes complexes. Ces réceptacles de pierre portent en eux le poids des anciens rituels funéraires. À proximité, des peintures tombales offrent des aperçus de la vie quotidienne d'une civilisation disparue depuis longtemps. Les couleurs et les formes établissent un lien direct avec les croyances de ceux qui vivaient le long du Nil. Ici, les artefacts ne sont pas de simples objets, mais les vestiges d'une réalité vécue et singulière.
Les collections d'art du Proche-Orient proposent une échelle d'expression différente. Des reliefs assyriens monumentaux dépeignent des processions royales et des batailles épiques, leurs surfaces sculptées capturant un sentiment de mouvement et de puissance. En contraste, la collection présente de délicats sceaux-cylindres babyloniens. Ces objets petits et complexes portent en eux des récits de mythologie et d'administration, exigeant une observation attentive et silencieuse pour en saisir pleinement les détails.
L'Art Européen et les Chefs-d'œuvre de la Renaissance
La collection s'étend du Moyen Âge à l'époque contemporaine, offrant un témoignage continu du développement artistique européen. Les peintures hollandaises et flamandes du XVIIe siècle occupent une place particulièrement prestigieuse, se distinguant par une attention méticuleuse portée à la lumière et à la texture. Les œuvres de Jan van Eyck et de Frans Hals incarnent la précision technique et l'évolution des styles de ces époques charnières. Ces tableaux s'imposent comme des présences physiques vibrantes, invitant le spectateur à une observation silencieuse et contemplative du moindre détail.
La Galerie Préraphaélite offre un sanctuaire dédié aux œuvres de Dante Gabriel Rossetti, William Holman Hunt et John Everett Millais. Ces artistes ont cherché à renouer avec la profondeur spirituelle et la beauté des traditions anciennes grâce à une approche singulièrement nette et minutieuse. À proximité, le parcours muséal s'ouvre sur l'ère moderne, incluant l'une des plus belles collections d'art chinois contemporain en Europe.
La Résurrection du Christ, 1570 - Jacopo Tintoretto
La Chasse dans la forêt, 1470 - Paolo Uccello
Jeune fille au cerceau (vers 1868) - Robert Braithwaite Martineau
Portrait d'une femme (vers 1927) - Adrian Maurice Daintrey
Acquisitions Majeures et Dons Significatifs
Les fondations mêmes de cette collection reposent sur la générosité d'Elias Ashmole, qui fit don de son cabinet de curiosités personnel à l'Université d'Oxford. Cet assemblage initial, composé de monnaies romaines, de momies égyptiennes et d'armures médiévales, constitua le noyau de ce qui allait devenir un dépositaire essentiel de l'histoire humaine. Par la suite, la stabilité de l'institution fut renforcée par le don de 10 000 £ de Charles Drury Edward Fortnum, une contribution déterminante qui permit d'asseoir l'établissement du musée sur des bases solides à la fin du XIXe siècle.
L'étendue des collections s'aventure également vers des territoires scientifiques et mondiaux spécialisés. Le musée abrite la plus grande collection d'astrolabes au monde, des objets qui témoignent de la rencontre entre la précision mathématique et le savoir-faire historique. De plus, la présence de la plus importante collection de céramique chinoise verte hors de Chine offre une étude approfondie et concentrée de la tradition céramique. Ces acquisitions garantissent que ce lieu demeure un espace de découverte continue, où des artefacts rares coexistent dans une proximité silencieuse.
The Resurrection of Christ, 1570 - Jacopo Tintoretto
The Hunt in the Forest, 1470 - Paolo Uccello
Girl with a Hoop, vers 1868 - Robert Braithwaite Martineau
Portrait of a Woman, 1927 - Adrian Maurice Daintrey
Expositions et recherches en cours
Le musée affirme sa présence au cœur du paysage contemporain en accueillant des expositions d'artistes tels que Rachel Whiteread. La programmation actuelle propose notamment « Stanley Donwood | Radiohead | Thom Yorke », une exploration fascinante des arts visuels à travers le prisme de l'imagerie musicale. Ces installations interrogent les points de rencontre et les influences mutuelles entre ces différentes formes d'expression.
Grâce à une politique constante de recherche et d'acquisitions, la collection ne cesse de se métamorphoser. Ce processus continu de découverte est soutenu par le University Engagement Programme, qui renforce les liens vitaux entre le musée et l'université. De telles collaborations favorisent un échange incessant d'idées et une quête intellectuelle profonde. L'institution demeure ainsi un lieu d'étude actif, où chaque nouvelle acquisition s'intègre harmonieusement au récit déjà écrit de la créativité humaine.
Projets récents et développements modernes
La présentation physique de la collection a connu une transformation majeure en 2009 grâce à une rénovation complète. Au cours de cette période, une installation d'envergure de vitrines de musée a été réalisée par Meyvaert. Ce projet d'envergure a impliqué la mise en place de 466 vitrines individuelles aux côtés de centaines d'autres éléments d'exposition spécialisés, garantissant ainsi la préservation et la visibilité optimale des objets au sein des galeries.
Ces dernières années ont également vu l'institution s'engager dans des discussions cruciales concernant la provenance et le retour d'artefacts historiques. En 2024, un accord a été conclu pour la restitution d'une sculpture en bronze de Thirumangai Alvar datant de 500 ans. De telles décisions témoignent de la nature évolutive de la gestion muséale et du dialogue constant entre les institutions internationales et les origines de leurs collections.